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La fin du mythe des Nanas-Benz

Il fut un temps où le marché de Lomé, la capitale du Togo,  était la plaque tournante du commerce des tissus en Afrique de l’Ouest. Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, une poignée d’agricultrices illettrées ont fait fortune dans ce secteur. Mythe ou réalité, on dit que cette élite commerciale féminine,  qui doit son surnom aux Mercedes-Benz qu’elles conduisaient, contrôlait à une époque 40% de l’économie informelle du Togo. Aujourd’hui, que reste-t-il de cet empire?

 

 
Vendeuse de tissus au marché de Lomé

 

Madame Crepy, la présidente des Nanas-Benz m’a donné rendez-vous en après-midi dans son fief. Son fief, c’est un immeuble à étage réservé à la vente de tissus en plein cœur du marché de Lomé. À l’endroit exact où il y a une trentaine d’années, cette même madame Crepy et une vingtaine d’autres femmes analphabètes posaient les premiers jalons de ce qui allait devenir l’empire des Nanas-Benz.

Le marché de Lomé

En cet après-midi de fin de saison sèche,  au travers les dames qui écrasent le manioc et qui pillent l’igname sous un soleil de plomb, je me fraie un chemin jusqu’à la reine du marché. L’animation est à son comble, des femmes de tous âges étalent leurs marchandises sur le sol, sur des tables, ou des tabourets. Sur les chemins de terre entourés de kiosques aux toits de tôle, le bruit des klaxons des motos se mêle à celui des vendeuses ambulantes qui se disputent les clients en transportant en équilibre sur leur tête, d'immenses plateaux remplis de produits de toutes sortes.

Pour bien saisir l’ambiance et l’importance du marché africain, dont dépend le revenu de la majorité de la population, il y a un concept fondamental à comprendre : en Afrique de l’Ouest, sur une période de 24 heures, le sommeil se répartit selon le besoin, la disponibilité et l’occasion. Il est d’usage de dormir dans n’importe quel lieu public (dans la rue, aux champs, à l’hôpital, à l’école, dans la buvette, au ministère, au Parlement, à l’Église...) à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Mais il y a une exception à cette règle et c’est le marché. Le marché, dans le quotidien africain, c’est un moment qui ne laisse pas de place au repos, tout le monde s’active et c’est surtout une affaire de femme. Même s’il y a souvent beaucoup plus de vendeuses que d’acheteurs, les marchés africains sont toujours bondés, parce que c’est l’occasion d’acheter ou de vendre, mais aussi de discuter, de prendre des nouvelles de telle ou telle personne, bref la palabre et le marchandage sont les deux règles d’or du marché.

Le mythe

L’intérieur de l’immeuble en ciment où m’attend Madame Crepy est sombre, lugubre, et ne pourrait être hospitalier si ce n’était pas du brouhaha des vendeuses et de tous ces pagnes multicolores étalés qui servent de décor à l’endroit. On appelle « pagne » le tissu qui sert à la fabrication des habits traditionnels africains.

L’air suffisant et fier, telle une souveraine devant son royaume, un royaume qui s’effrite lentement mais sûrement, Madame Crepy est assise devant un étalage de tissus. Dans sa retraite active, elle garde un œil sur les activités de sa fille à qui elle a tendu le flambeau de l’entreprise familiale. Ne s’approche pas qui le veut de la présidente des Nanas-Benz et lorsqu’on souhaite la rencontrer, il y a un protocole à respecter. Gilles, le collègue journaliste togolais qui m’accompagne m’indique que je dois m’asseoir tout près d’elle et attendre. Je suis à ses côtés et je patiente. Elle m’a vu, elle n’est visiblement pas occupée, mais elle me fait patienter. Depuis déjà plusieurs minutes que je suis arrivé, son regard sévère fixe toujours le vide jusqu’au moment où elle fait signe de la tête à mon collègue que c’est maintenant le temps de la saluer. J’exécute alors avec précision les mêmes gestes que Gilles : je m’avance en tendant la main et en baissant légèrement les yeux, la tête et le tronc, tout en laissant sortir de ma bouche un timide « bonjour ». Cette façon de saluer avec soumission est très courante en Afrique de l’Ouest lorsqu’on rencontre une personne influente.



Madame Crepy

 

Dans la tradition africaine, on dit souvent que la richesse d’une personne est proportionnelle à son poids physique et comme la plupart des Nanas-Benz, Madame Crepy ne fait pas exception à cette norme. Dédé Rose Crepy a 71 ans, elle est une des dernières Nana-Benz toujours vivantes. Lorsque je lui demande de m’expliquer ce qu’est une Nana-Benz, elle s’exprime d’un ton ferme et sévère, avec la voix fatiguée de celles qui se sont battues toute leur vie et dont plus rien ne peut impressionner : « Une Nana-Benz c’est une femme qui a aidé le Togo et l’Afrique avec son acharnement au travail, les Nanas Benz ont toujours eu des moyens de transport très très puissants, c’est pourquoi elles achetaient des Mercedes Benz, d’où le nom Nana-Benz. ».

C’est dans les années soixante-dix, période où on surnommait le Togo la « Suisse de l’Afrique », à cause de son essor économique causé par le boom du phosphate, principal produit d’exportation du Togo, qu’une vingtaine d’agricultrices sans éducation se sont lancées dans l’importation d’un tissu bien particulier en provenance de la Hollande : le Wax hollandais. Ce tissu, à cause de sa qualité supérieure, est devenu le plus prisé et le plus populaire auprès de l’élite africaine. En signant des contrats d’exclusivité avec les compagnies hollandaises, les Nanas-Benz ont rapidement pris le contrôle de la distribution du tissu-pagne en Afrique de l’Ouest. Leur marché s'étendait dans des pays qui n’ont pas accès à la mer (qui n’ont pas de port) tels que le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad, mais aussi la Cote d'Ivoire, le Bénin, le Nigeria et le Congo. Même si cette information ne peut être confirmée, on dit qu’au début des années 80, les Nanas-Benz contrôlaient 40% du secteur informel de l’économie du Togo. Selon Madame Crepy, le chiffre d’affaires annuel d’une Nana-Benz frôlait alors le milliard de francs CFA, soit deux millions de dollars canadiens. Les Nanas-Benz étaient riches et célèbres, elles nourrissaient et logeaient leurs maris, s’impliquaient en politique, elles étaient véritablement le poumon de l’économie togolaise. Madame Crepy raconte que les chefs d’État empruntaient même leurs Mercedes pour recevoir les dignitaires étrangers.

Rencontré au marché de Lomé, Madame Lawson, une fille de Nana-Benz, qui dirige maintenant l’entreprise de tissus Manatex, fondée par sa mère, me confirme cette anecdote : « Mais bien sûr que c’est vrai ! Le gouvernement ne possédait rien, le petit Togo ne possédait rien! C’est d’ailleurs ma mère qui a acheté la première Mercedes Benz, symbole suprême du luxe et de la réussite sociale. Lorsque le général Eyadema (le dictateur togolais qui fut au pouvoir de 1967 à 2005) recevait des dignitaires étrangers, les Nanas-Benz se mobilisaient, offraient leurs voitures, car le gouvernement n’avait pas les moyens de se payer autant de Mercedes. Tout le monde se mobilisait pour la Nation, les femmes du marché préparaient la nourriture pour les étrangers, on balayait les rues, et tout ça gratuitement, car on entrevoyait des changements positifs et on y croyait, aujourd’hui, on n’y croit plus, ce n’est plus comme avant… »


Wax hollandais

 

La copie chinoise et la chute de l’empire

Lorsqu’on dépend trop des fournisseurs étrangers, même les fondations les plus solides finissent par s’écrouler. Au début des années 90, de plus en plus de femmes d’affaires africaines ont commencé à utiliser les mêmes réseaux de fournisseurs que les Nanas-Benz, les privant ainsi de leur monopole sur le tissu-pagne. À cette même époque, Lomé fût le théâtre de sanglantes répressions suite à l’avènement du multipartisme. La concurrence des autres femmes africaines, les guerres, mais aussi la dévaluation du franc CFA (monnaie commune aux pays de l’Afrique de l’Ouest) ont tous contribué, au cours des années 90, à la dégradation de la fortune des Nanas-Benz. Mais le coup de grâce irréversible à leur empire, c’est la Chine qui est présentement en train de le porter.

Depuis quelques années, la Chine s’empare lentement mais sûrement du marché des tissus en Afrique. En plus de vendre les chemises, chandails et pantalons de style occidentaux, les Chinois vendent maintenant des copies intégrales du Wax hollandais.

« La Chine a gâté notre marché, les Chinois reproduisent exactement nos dessins, exactement les mêmes couleurs, au début, leurs tissus n’étaient pas de bonne qualité, mais plus ça va et plus les tissus sont d'une bonne qualité. » soupire Madame Crepy en soulignant que le phénomène a débuté il y 4 ou 5 ans.

Le Togo, depuis les années 90, est de plus en plus isolé de la communauté internationale et l’aide au développement se fait de plus en plus rare. En raison de sa mauvaise gouvernance, le pays est privé de plusieurs projets de développement que pourrait financer l’Agence canadienne de développement international par exemple, ou l’Union européenne. Par contre, les relations entre la Chine et le Togo ne cessent d’augmenter, tant sur le plan diplomatique que commercial. À titre d’exemple, en 2005, plus de 70 entreprises chinoises ont investi au Togo, réalisant un chiffre d’affaires d’environ 45 millions de dollars.

Dans un tel contexte, il est très difficile pour le gouvernement togolais de refuser aux Chinois de vendre les tissus copiés comme le souligne Madame Lawson : « La Chine a phagocyté le monde! J’ai voyagé partout, et partout où je vais, c’est "made in China", ils sont partout, je vous dis partout ! Alors nous, le petit Togo, qu’est ce qu’on peut faire ? En Chine, une seule ville contient 18 millions de personnes et nous, le petit Togo, nous sommes que 5 millions. Ce qui est délicat, c’est qu’on est dans le pétrin et c’est la Chine qui nous aide. D’un côté, le gouvernement voudrait bien aider les commerçantes, mais de l’autre, il est dépendant de l’aide et de la coopération chinoise depuis que les pays européens ont plus ou moins mis l’embargo sur le Togo. Ce que j’aimerais dire aux Chinois, c’est qu’ils n’ont qu’à être loyaux, ils n’ont qu’à faire leur propre dessin et ne pas copier les nôtres. »

 


Vendeuse de tissus chinois

 

Les Nanas-Benz ont rapidement compris qu’elles ne pouvaient rivaliser avec les copies chinoises, mais ce n’est pas seulement l’industrie du textile qui en souffre, car la contrefaçon, provenant principalement de la Chine, mais aussi du Nigeria, s’effectue aussi au niveau des disques compacts, des films, des appareils électroniques, et des médicaments, pour ne nommer que ces produits.

Pour le consommateur, la contrefaçon des Chinois est plutôt positive, car elle a permis de démocratiser la tenue traditionnelle africaine, autrefois réservée aux gens plus aisés. La plupart des consommateurs ne font pas la différence entre la copie chinoise et le vrai Wax hollandais. Le tissu chinois se vend environ 5000 francs CFA ou 12 dollars canadiens pour quatre mètres, tandis que le Wax hollandais se vend cinq fois, parfois même dix fois plus cher. En payant 5 fois moins cher, les gens les moins fortunés peuvent s’acheter le pagne traditionnel plutôt que de se procurer dans les friperies, des vêtements usagés provenant de l’occident.

Évelyne Trémou, vendeuse de tissus et fille de Nana-Benz, est à la tête de l’entreprise Doe-Bruce, fondée par sa mère : « La population veut d'abord manger, c’est après que l’on pense à s’habiller, les gens n’ont pas les moyens d’acheter le pagne original donc ils achètent la copie chinoise. Par contre, pour l’économie du Togo en général, ce n’est pas une bonne chose, car c’est des dizaines d’entreprises, fondées par les Nanas-Benz qui ont dû fermer leurs portes. Les activités des Nanas-Benz occupaient une place très importante dans l’économie du Togo. Dans les années 70 et 80, les fournisseurs nous envoyaient 10 conteneurs de tissus par mois, aujourd’hui ce n’est plus que 2. »

Le legs des Nanas Benz

Selon Madame Trémou, 54 ans, les Nanas-Benz ne représentent rien de moins que le début de l’émancipation de la femme africaine : « Dans le contexte africain de la polygamie, quand une femme réussit à s’en sortir seule, on l’applaudit, avec l’avènement des Nanas Benz, c’est le début de l’émancipation de la femme africaine. Au début, ça été une réticence de la part des hommes, parce que dans notre culture, on dit qu’une femme indépendante est arrogante donc elle n’est pas soumise. Avant, c’était une honte dans la culture africaine qu’une femme contribue à plus de 50 % du revenu familial, mais petit à petit, grâce aux Nanas-Benz, les hommes ont accepté que les femmes les aident à payer l’éducation des enfants et les autres dépenses du ménage. Vous voyez les femmes là-bas, les femmes qui vendent les tissus au marché, leur mari ne travaille probablement pas, mais elles viennent ici à six heures du matin, travaillent toute la journée et en rentrant à la maison, elles ont de quoi payer la nourriture aux enfants, elles sont indépendantes. Aujourd’hui, on doit encourager la nouvelle génération à les suivre (les Nanas-Benz) ».



Madame Trémou et une de ses employées devant l'entreprise familiale au marché.

Avant de prendre la relève de l’entreprise familiale, Évelyne Trémou a étudié le commerce dans des écoles privées en France et aujourd’hui, sa fille étudie à l’Université de Montréal. Même si les soubresauts de l’économie ont eu raison de leur empire, la plus belle réussite des Nanas-Benz aura été de laisser en héritage un legs inestimable. Elles ont permis à leurs enfants et petits-enfants de faire de longues études dans de grandes universités, elles ont fait comprendre aux femmes qu’il était possible de devenir indépendantes économiquement, de revendiquer leurs droits, et elles ont inspiré et inspirent toujours des générations de jeunes Togolaises.

La fille de Madame Crepy, Simovey, a 30 ans, elle a choisi de continuer la tradition familiale. On appelle Nanette, la génération de filles et de petites filles de Nanas-Benz qui ont entre 20 et 30 ans aujourd’hui. « J’ai fait mes études en commerce à Lyon, et j’ai choisi de revenir à Lomé pour travailler avec ma mère. Toute petite, je côtoyais les femmes à la maison, j’ai grandi dans ce domaine-là, je les regardais travailler, elles étaient très respectées, il faut les avoir vu pour comprendre tout ce qu’elles représentaient. Pour moi, de reprendre l’entreprise, c’est un peu l’aboutissement d’un rêve ».

Une époque et une voiture révolues

Aujourd’hui, plusieurs Nanettes préfèrent le charme d’occuper un poste dans une grande entreprise plutôt que d’aller quotidiennement au marché vendre des tissus comme le faisaient leurs aînées. D’autres profitent de la fortune familiale pour militer dans des partis politiques. Les Nanettes, contrairement à leurs aînées, ne roulent pas en Mercedes, car pour ces jeunes femmes qui ont grandi dans la bourgeoisie togolaise, cette voiture est devenue selon elles, d’une banalité « affligeante » (dans un pays où les agriculteurs, qui représentent 65% de la population, ont un salaire moyen de 1$ par jour !).

Ma petite enquête sur le phénomène des Nanas-Benz s’est abruptement terminée avant même que je puisse prendre une photo d’une vendeuse de tissus avec sa Mercedes. Les responsables de la sécurité du marché, qui avaient compris que j’étais journaliste, m’ont chassé des lieux. Ces chiens de garde du parti au pouvoir (qui est jugé illégitime par la communauté internationale),  ne se sont même pas donné la peine de vérifier la nature du reportage que le « journaliste étranger » était en train d’effectuer avant de l’expulser.

Les Nanas-Benz ont réussit à écrire leur nom dans l’histoire de l’Afrique, elles sont un des symboles les plus forts, sinon le plus fort, de l’émancipation de la femme africaine. L’empire des Nanas-Benz s’est écroulé, le marché du tissu n’est plus ce qu’il était. Le Togo aussi a changé. Le dictateur et général Eyadema est décédé en 2005. Son fils, Faure Gnassingbe, qui prit le pouvoir suite à un coup d’État et suite à des élections plus que douteuses, laisse parfois entrevoir des jours meilleurs en ce montrant plus ouvert et plus diplomate que son paternel. Mais pour ce qui est de la liberté de presse, on est encore loin d’une société démocratique digne de ce nom.

Avant de quitter le Togo, je suis passé chez Madame Crepy afin de faire une dernière séance de photos. Sa grande maison à étages contraste avec les constructions précaires situées dans le bidonville voisin. À l’intérieur, Madame Crepy suivait le journal télévisé. Son mari engagea la conversation avec moi en me racontant l’ampleur du travail réalisé par sa femme. Malgré son air et ses manières hautaines, Madame Crepy m’a souri à quelques reprises lors de cette deuxième rencontre. Elle m’a paru plus humaine, plus sympathique, peut-être était-ce parce que dans l’intimité de sa maison, elle n’avait pas à protéger son image de présidente des Nanas-Benz et de reine du marché? J’en étais à ces réflexions lorsque Madame Crepy quitta des yeux l’écran de télévision et d’un geste de la main, ordonna à son mari de se taire. Celui-ci obtempéra sans broncher. Je me suis trompé, même dans l’intimité, la présidente des Nanas-Benz reste fière, indépendante et souveraine.

 

 

Le Togo

Capital : Lomé

Président : Faure Gnassingbé

Premier ministre :Yawovi Agboyibo

Population : 5millions d’habitant dont 40 groupes ethniques différents

Langues : Français, éwé, kabyé, mobaa, kotokoli, et des dizaines d’autres

Situation géographique : Le Togo est situé en Afrique de l’Ouest, entre le Ghana et le Bénin et sous le Burkina Faso.

Espérance de vie : 51 ans

Alphabétisation : L’analphabétisme touche 25,5% des hommes et 59,2% des femmes

Mortalité infantile : 86 p. 1000

Population ayant accès à des points d'eau aménagés : 54%
Population ayant accès à des équipements sanitaires
: 34%

Nombre de médecins pour 100.000 hab : 8

Classement sur la base de l’Indice de Développement Humain : 143e sur 174 pays

Économie : 65% des travailleurs vivent de la culture vivrière (agriculture de subsistance), le salaire moyen d’un agriculteur est de 1$ par jour.

 

 

Ce reportage a été réalisé grâce à la participation financière de l’Agence canadienne de développement international